Faut-il un permis pour louer un bateau ?
Cela se joue sur la puissance du moteur, pas sur la longueur du bateau. Au-delà de 4,5 kW (6 CV), la conduite en mer réclame le permis plaisance : option côtière jusqu’à 6 milles d’un abri, extension hauturière au-delà (décret n° 2007-1167 du 2 août 2007, art. 2), avec un âge d’obtention fixé à seize ans (art. 3). Sous ce seuil, la barre se prend sans titre, et beaucoup de flottes de location comportent quelques unités calibrées pour cela. Dernier point souvent ignoré : lorsque les navires proposés exigent un permis, l’affichage du local doit porter la mention « permis bateau obligatoire » en français et dans deux autres langues au moins.
Location avec ou sans skipper : qu’est-ce que ça change dans le contrat ?
À peu près tout, sauf la ligne du prix. Sans skipper, le client devient chef de bord : il répond de la conduite, du respect des règlements, de la sécurité des personnes embarquées et de la présence à bord d’équipements de sécurité en bon état et adaptés (division 240, art. 240-1.02 et 240-1.03). C’est lui qui décide d’appareiller, de faire demi-tour ou de renoncer. Avec skipper, le loueur fournit l’équipage et conserve la conduite : ce n’est plus une simple mise à disposition, et le contrat doit le dire, faute de quoi les clauses de responsabilité désignent la mauvaise personne. Le modèle proposé ici part de la location sans skipper.
Comment éviter le litige sur le carburant en fin de journée ?
En transformant le niveau en constat plutôt qu’en souvenir. Relevez la jauge à l’état des lieux de départ, photographiez-la, et écrivez au contrat le prix au litre appliqué ainsi que les frais de remise en service : un montant découvert au retour se discute, un montant signé au départ beaucoup moins. La consommation dépend de la vitesse, de la charge et de l’état de la mer, trois choses que la durée louée ne dit pas — d’où la règle des tiers rappelée au client : un tiers pour l’aller, un tiers pour le retour, un tiers de réserve. Une panne sèche n’est pas une avarie du navire, et les frais de remorquage qu’elle entraîne restent au client.
Qui doit porter un gilet à bord, et de quel niveau de performance ?
Le niveau suit l’éloignement d’un abri, pas la météo du jour : 50 à moins de 2 milles, 100 de 2 à moins de 6 milles, 150 au-delà, autant d’équipements que de personnes embarquées (division 240, art. 240-2.03 à 240-2.05). Deux précisions que les contrats laissent presque toujours de côté : un enfant de 30 kilogrammes au plus dispose d’un équipement de niveau 100 quelle que soit la distance d’un abri, et entre 2 et 6 milles, un adulte qui sait nager peut se contenter d’un niveau 50 à condition de le porter effectivement. Montrer à chaque personne embarquée où ils se trouvent et comment les enfiler fait partie des obligations du chef de bord.
Faut-il annexer un contrôle au contrat de location ?
Oui, et c’est propre à la location. Le navire loué passe une vérification spéciale annuelle sous la responsabilité de son propriétaire ou de son exploitant, la première avant toute mise en exploitation. Une copie du dernier rapport est annexée au contrat, et embarquée à bord si le navire comporte un espace habitable ; le registre des vérifications est mis à la disposition des usagers au plus tard au moment de leur embarquement (division 240, art. 240-3.01). Un contrat de location de bateau qui ne prévoit aucune annexe technique est donc, sur ce point précis, incomplet.
Le client rentre en retard à cause du mauvais temps : peut-on facturer le retard ?
Le modèle proposé ici répond non, et le dit avant que le cas ne se présente. Lorsque le retour est retardé par le mauvais temps ou par une interdiction de sortie prise pendant la location, aucune indemnité de retard n’est due : le client prévient, se met à l’abri et attend une fenêtre praticable, les frais de port de cette escale forcée restant à sa charge. La règle inverse aurait un effet qu’aucun loueur ne veut avoir écrit dans ses conditions — pousser un équipage à repartir dans une mer formée pour éviter une pénalité horaire.