Par Antoine MOURY, fondateur de Rideloc10 min de lecture

Prendre une caution sans TPE : les quatre méthodes

Lien de paiement, réservation en ligne, PLBS sur terminal : comment poser une caution sans TPE, ou quand le TPE ne sait pas la prendre.

Un loueur de vélos, de scooters, de paddles, de jet-skis ou de matériel n’a pas toujours de terminal de paiement. Et quand il en a un, il découvre souvent que celui-ci ne sait pas prendre de caution : c’est une option distincte, payante, que sa banque ne lui a jamais proposée.

Cet article s’adresse à celui qui prend la caution, pas à celui qui la subit. Quatre méthodes existent, elles ne garantissent pas la même chose, elles ne tiennent pas la même durée, et trois d’entre elles se passent entièrement de terminal.

Pourquoi votre terminal ne sait pas prendre de caution

Un terminal encaisse. Prendre une caution est une autre opération : demander à la banque du client de réserver une somme sans la débiter, puis de la relâcher ou de la prélever plus tard.

En France, cette opération sur terminal a son propre sigle : PLBS, pour Paiement pour la Location de Biens et Services. Au lieu d’encaisser une vente, l’appareil ouvre un dossier de caution rattaché à votre contrat monétique.

Rien de tout cela ne s’active dans un menu. Il vous faut trois choses que personne ne vend ensemble : la domiciliation PLBS sur ce contrat, l’accord de votre banque professionnelle, et le logiciel qui va sur l’appareil. Monétique et Services, revendeur de terminaux, en affichait la licence à 65 € HT pour des Ingenico — prix relevé le 13 août 2026, inchangé le 24. C’est ce qu’un vendeur demandait deux jours donnés, rien de plus : ni un prix de marché, ni une indication de ce que votre banque vous facturera.

Faute de quoi votre appareil ne prendra jamais de caution, quelle que soit sa marque — ni le vôtre, ni celui du confrère qui vous a assuré que le sien le faisait.

Les quatre méthodes, et ce que chacune garantit

Quatre méthodes permettent de poser une caution, et trois d’entre elles ne demandent aucun terminal : le lien de paiement envoyé au client, le terminal virtuel où vous saisissez vous-même la carte, et le module de paiement de votre page de réservation. La quatrième, celle du comptoir, suppose le PLBS, un contrat monétique distinct que votre banque ne vous a probablement jamais proposé. Une autorisation posée en ligne par le client vaut sept jours sur les quatre réseaux de cartes ; la même opération faite sur un terminal n’en vaut que deux, cinq chez Visa.

Le lien de paiement. Vous générez un lien, vous l’envoyez par message ou par courriel, le client saisit sa carte sur une page sécurisée. Rien ne transite par vos mains, et c’est la seule réponse quand il n’est pas devant vous.

Le terminal virtuel. Vous saisissez vous-même le numéro de carte dans une interface web. Confortable au comptoir, mais vous manipulez la carte du client : vous entrez dans le périmètre des obligations de sécurité des données de carte, et vous vous privez de l’authentification que le client aurait faite lui-même.

Le module de paiement de votre page de réservation. La caution est posée pendant la réservation, avant même que le client arrive. C’est la seule des quatre qui ne coûte aucune minute au comptoir.

Le terminal avec PLBS. Carte présente, code saisi, client devant vous : le consentement est établi sur place, et le dossier tient un mois. C’est aussi la seule des quatre qui exige un contrat et une licence avant la première caution.

Les deux premières conviennent à un besoin ponctuel. Les deux dernières sont les seules qui tiennent quand vous faites trente départs un samedi de juillet.

Ce que garantit chaque méthode, combien de temps elle tient et ce qu’elle coûte avant la première caution. Durées : documentation Stripe et centre d’aide Smile&Pay, relus le 24 août 2026. Le prix de la licence est un relevé chez un revendeur, pas un prix de marché.
MéthodeCe qu’elle garantitCombien de temps elle tientCoût d’entrée
Lien de paiementLe client saisit et authentifie sa carte lui-même7 jours, sur les quatre réseauxAucun, hors commission d’encaissement
Terminal virtuelVous saisissez la carte ; pas d’authentification du client7 jours, 5 chez Visa si l’opération est classée comme initiée par vousAucun, hors commission d’encaissement
Module de la page de réservationCaution posée avant l’arrivée, authentifiée par le client7 jours, sur les quatre réseauxCompris dans le logiciel de réservation
Terminal avec PLBSCarte présente et code saisi, client devant vous1 mois, clôture automatique sans prélèvement ; 5 jours chez Visa et 2 ailleurs sans PLBSContrat monétique, domiciliation PLBS et licence — 65 € HT relevés chez un revendeur

Combien de temps chacune tient

C’est la donnée qui décide, et elle donne un résultat que personne n’attend.

Posée en ligne par le client lui-même, l’autorisation court sept jours, et cela sur les quatre réseaux. Passez la même opération au comptoir : Visa la ramène à cinq jours, les trois autres réseaux à deux (documentation Stripe, relue le 24 août 2026).

L’ordre attendu est donc inversé. Ce qui se pose à distance, pendant la réservation, survit plus longtemps que ce qui se prend en face du client — sept jours d’un côté, deux de l’autre, sur trois réseaux sur quatre.

Le dossier PLBS, lui, obéit à une autre horloge. Smile&Pay écrit que « la caution est disponible et pré-autorisée pour une durée d’un mois maximum (30 JOURS) », après quoi le dossier se ferme seul, sans que rien ne soit prélevé au client (centre d’aide, relu le 24 août 2026). Les deux durées ne se contredisent pas : elles appartiennent à deux dispositifs distincts, l’un porté par le réseau bancaire acquéreur français, l’autre par les réseaux de cartes. Le détail, réseau par réseau, est dans combien de temps une empreinte bancaire tient vraiment.

« Peut-on prendre une caution avec SumUp ? »

C’est la formulation la plus fréquente du sujet, et le web français y répond dans les deux sens. Nous ne trancherons pas, parce que nous n’avons pas pu le vérifier à la source.

Ce que nous avons : un comparateur de monétique, Mobile Transaction. Son article sur les activités refusées, dont la dernière modification remonte au 28 septembre 2021, avance qu’il est prohibé par SumUp d’accepter un paiement pour « cautions et tous types de paiements sujets à un remboursement, déterminés par les conditions générales du marchand ». Ce que nous n’avons pas : la page correspondante du centre d’aide de SumUp, qui n’a pas restitué son contenu le 13 août 2026.

Une source secondaire de 2021 ne dit pas ce que fait un prestataire aujourd’hui, et cette réserve vaut pour chaque enseigne citée dans cet article. À la place, voici la question à poser par écrit à votre prestataire, quelle que soit sa marque. Elle vaut mieux que tout ce qui s’écrit sur le sujet, cet article compris.

Mon contrat comporte-t-il une domiciliation PLBS, et puis-je ouvrir un dossier de caution depuis ce terminal ? Si oui, quelle est la durée de validité du dossier, et quel est le coût par prise de caution ? Une réponse écrite à ces trois questions vous évitera de découvrir la limite un samedi de juillet. Nous mettrons cette section à jour dès que nous aurons une réponse sourcée.

Ce que ça coûte, méthode par méthode

Au comptoir, il y a un ticket d’entrée : la licence relevée plus haut, et le contrat monétique qui va avec. Certains distributeurs le remplacent par une facturation à l’usage. Smile&Pay annonce l’activation gratuite, un montant prélevé à chaque empreinte prise, et rien à payer quand le dossier se ferme à zéro ; l’option est « disponible exclusivement pour les entreprises dont l’activité principale est la location » (relu le 24 août 2026).

En ligne, la logique s’inverse : poser puis relâcher une somme est généralement gratuit, et la facture arrive le jour où vous encaissez. L’écart entre deux cartes y est plus large qu’on ne l’imagine — chez Stripe France, 1,5 % + 0,25 € sur une carte européenne standard, 2,8 % + 0,25 € sur une carte premium, et le client qui loue un jet-ski n’a pas une carte d’entrée de gamme. Une contestation, elle, coûte 20 €, qu’elle soit gagnée ou perdue (tarifs relus le 24 août 2026).

Nous décrivons ici des mécanismes et des prix affichés à une date donnée. Nous ne recommandons aucun prestataire et n’en écartons aucun : qu’une enseigne soit nommée ne dit rien de ce qu’elle vous proposera, et son offre peut avoir changé depuis notre relevé.

Trois façons de perdre une caution posée à distance

Aucune des trois ne vient de votre logiciel, et aucune ne se voit avant qu’il soit trop tard.

  • La validation manquante. En Europe, la DSP2 fait passer beaucoup de paiements par carte par l’application bancaire du client. Tant qu’il est là, il valide, et le débit ultérieur s’appuie sur cette validation. Trois semaines plus tard, sur une carte seulement enregistrée, sa banque peut la redemander : il n’y a plus personne pour la donner.
  • Le plafond entamé. Bloquer une somme la retire des dépenses possibles du client tant que le blocage court. Sur une caution à quatre chiffres et une carte déjà chargée d’un mois de vacances, le paiement refusé le soir même ne sera pas le vôtre — mais c’est votre location qu’il fera annuler le lendemain matin.
  • Le paiement par téléphone. Un portefeuille présente un numéro propre à l’appareil, et reprendre la somme plusieurs jours après n’y fonctionne pas de manière sûre. Demandez une carte physique, et demandez-la avant que le téléphone sorte de la poche.

Ce qu’il faut écrire avant de prendre la caution

Une caution prise sans rien d’écrit est une caution que vous ne pourrez pas défendre.

Il vous faut un mandat accepté séparément des conditions de location, portant le montant plafond, votre entreprise nommée comme bénéficiaire, la finalité — dommage, vol, perte, retard, frais contractuels —, la mention explicite de ce qui est bloqué ou de ce qui ne l’est pas, et la possibilité pour le client de le retirer. Horodaté, avec la trace de l’acceptation.

Il vous faut aussi avoir annoncé la caution avant la location : montant, forme, motifs de retenue, délai de restitution. La location de biens meubles n’a pas de plafond légal, contrairement au bail d’habitation. Le garde-fou est ailleurs : l’article L212-1 du Code de la consommation qualifie d’abusive toute clause qui crée, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties, et l’article L241-1 ajoute que « les clauses abusives sont réputées non écrites ». Une caution découverte au comptoir s’attaque plus facilement qu’une caution affichée à la réservation.

Ces mentions se règlent dans ce qu’un contrat de location doit obligatoirement porter, et notre modèle de contrat de location de jet-ski à remplir en ligne fait déjà figurer, côte à côte, le montant de la caution et la franchise. Ce qui précède décrit un mécanisme, pas votre situation : vos conditions gagnent à être relues par un juriste avant l’ouverture de la saison.

En pratique, avec Rideloc

Rideloc n’a pas de terminal et n’en demande pas. La caution se dépose au moment où le client règle sa réservation, sur la carte qu’il vient d’authentifier lui-même — donc dans la première ligne du tableau plus haut, jamais dans la dernière.

Deux règles en découlent, et elles vivent dans le moteur, pas dans un guide d’usage. Une location de plus d’une semaine ne peut pas être garantie par des fonds bloqués, qui seraient relâchés avant le retour : elle bascule sur la carte enregistrée, et aucun réglage ne s’y oppose. Une location plus courte dont la caution atteint 300 € bloque les fonds même si vous aviez demandé l’inverse ; ce plancher se descend jusqu’à zéro, ou se retire à vos risques.

Les seuils, leurs limites et ce que voit le client sont détaillés sur prendre une caution en ligne. Rien n’y change selon le matériel : un parc de paddles ou de jet-skis suit les mêmes règles qu’un parc de vélos à assistance tenu avec le logiciel de location de vélos.

Questions fréquentes sur la caution sans terminal

Six questions posées au comptoir ou juste avant l’ouverture de la saison, avec leur réponse courte.

Un terminal est-il obligatoire pour prendre une caution ?

Non, et hors PLBS ce n’est même pas la méthode qui dure le plus longtemps. Une caution se prend par lien de paiement ou pendant une réservation en ligne, avec une autorisation valable sept jours, contre deux jours seulement au comptoir sur trois des quatre réseaux de cartes.

Peut-on prendre une caution par mail ?

Oui, par un lien de paiement : le client saisit lui-même sa carte sur une page sécurisée. Ne demandez jamais un numéro de carte par courriel ou par téléphone — vous n’avez pas le droit de le conserver, et vous n’auriez aucune preuve de son accord.

Le client doit-il être présent pour que je bloque les fonds ?

Pour un blocage, c’est nettement préférable : l’authentification faite en sa présence est ce qui rend la capture ultérieure fiable. Une carte enregistrée, elle, se pose en ligne pendant la réservation, sans qu’il ait à repasser sa carte à l’arrivée.

Combien coûte la prise de caution sur un terminal (PLBS) ?

Un revendeur affichait la licence 65 € HT les 13 et 24 août 2026, pour des terminaux Ingenico. C’est un relevé chez un vendeur, pas un prix de marché : s’y ajoutent la domiciliation PLBS et l’accord de votre banque professionnelle, et certains distributeurs proposent l’option sans licence, facturée à chaque prise de caution.

Pourquoi ma pré-autorisation a-t-elle disparu au bout de deux jours ?

Parce qu’une autorisation carte prise sur un terminal expire en deux jours chez Mastercard, American Express et Discover, et en cinq jours chez Visa. À l’expiration, l’autorisation est annulée et les fonds sont relâchés : vous n’avez plus de garantie, et personne ne vous prévient.

Que se passe-t-il si ma location dure plus de sept jours ?

Le blocage expire avant le retour du matériel. Sur une location longue, il faut basculer sur une carte enregistrée débitable plus tard, ou reposer une autorisation neuve avant l’échéance de la première.

Sources

Sur ce métier

Location de vélos & VAE

Le logiciel de réservation, de caution et de contrat pour les loueurs de vélos et de VAE.

Contrat de location de vélo et de VAE

Numéro de cadre, batterie, antivol, caution → le PDF du cycle.

Rentabilité d’une location de vélos

Parc de vélos, prix de journée, occupation, batteries → marge et saisons de remboursement.

Rideloc : 59 € HT par mois et par agence ouverte, essai 30 jours sans carte bancaire.

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