Par Antoine MOURY, fondateur de Rideloc7 min de lectureMatériel et BTP

VGP du matériel loué : ce que doit faire le loueur

Qui fait la VGP d’un engin loué, à quelle fréquence, quels documents remettre au client et ce que risque le loueur. Textes à l’appui.

Vous louez une nacelle à un artisan. Qui doit en faire la VGP, tous les combien, et que lui remettez-vous avec l’engin ? C’est la question que pose le loueur de matériel, et les textes y répondent en partie seulement : le reste est affaire d’usage et de contrat.

Cet article dit ce que prévoient les arrêtés, ce que prévoient en pratique les conditions types de la profession, et ce que vous gardez à votre charge. Si vous gérez un parc, il se lit avec la page logiciel de location de matériel et le modèle de contrat de location de matériel.

La VGP en deux phrases

Une nacelle ou un chariot élévateur se vérifie tous les 6 mois, une mini-pelle qui ne fait que terrasser tous les 12 mois. Les textes mettent la vérification à la charge de l’entreprise qui utilise l’engin, qui doit s’assurer auprès du loueur qu’elle a été faite ; dans l’usage de la profession, c’est le loueur qui la fait et la paie.

La VGP, vérification générale périodique, est un contrôle de l’état de conservation et du bon fonctionnement d’un équipement de travail, fait par une personne qualifiée, de l’entreprise ou d’un organisme extérieur. Son résultat est consigné au registre de sécurité (Code du travail, art. R4323-24 et R4323-25).

À quelle fréquence

Deux textes se partagent le matériel de chantier : l’arrêté du 1er mars 2004 pour les appareils de levage, et l’arrêté du 5 mars 1993 pour les machines de terrassement à conducteur porté. Une mini-pelle relève du second, sauf si elle est équipée pour le levage, auquel cas elle relève aussi du premier.

Le tableau donne la règle pour les engins que loue un indépendant. Chaque périodicité s’entend « avant le » jour anniversaire. La table complète, avec le calcul de la prochaine échéance, est dans le calculateur d’échéances de VGP.

Périodicité de la VGP des engins de location courants, et le texte qui la fixe. Textes relus sur Légifrance et chez l’OPPBTP le 29 octobre 2026.
EnginPériodicitéTexte
Nacelle élévatrice6 moisArrêté du 1er mars 2004, art. 20 II et 23
Chariot élévateur ou télescopique6 moisArrêté du 1er mars 2004, art. 20 II et 23
Mini-pelle ou pelle équipée pour le levage6 moisArrêté du 1er mars 2004, art. 20 II et 23
Mini-pelle, pelle, chargeuse, dumper, compacteur monocylindre, sans levage12 moisArrêté du 5 mars 1993, art. 2
Compacteur tandemAucuneAnalyse de l’OPPBTP sur l’art. 2 de l’arrêté du 5 mars 1993
Poste de travail élevé à la force des bras3 moisArrêté du 1er mars 2004, art. 23
Accessoires de levage (élingues, palonniers)12 moisArrêté du 1er mars 2004, art. 24

Engin loué : qui fait quoi

Le texte et l’usage ne disent pas la même chose, et c’est ce qui fait les litiges. Le texte vise l’utilisateur. L’usage, lui, charge le loueur.

Qui fait quoi pour la VGP d’un engin loué : ce que disent les arrêtés et ce que prévoient les conditions types de la DLR. Textes relus les 29 et 30 octobre 2026.
ObligationLoueurLocataireTexte
Faire effectuer la vérificationDans l’usage de la professionLégalement l’entreprise qui utilise l’enginArrêté du 1er mars 2004, art. 1er ; conditions types DLR 2023, art. 13
S’assurer que les vérifications ont été faitesLe renseigneDoit le vérifier auprès du loueurArrêté du 1er mars 2004, art. 15
Remettre les documents avec l’appareilRemet notice et copies des rapportsLes reçoitArrêté du 1er mars 2004, art. 15
Tenir l’engin à disposition pour la vérificationOrganise la vérificationMet l’engin à dispositionConditions types DLR 2023, art. 13
Coût de la vérificationÀ sa chargeAucunConditions types DLR 2023, art. 13

Les documents qui partent avec l’engin

Lorsque l’appareil est loué, l’arrêté du 1er mars 2004 (art. 15) veut que partent avec lui sa notice d’instructions et les copies du rapport de mise en service, du dernier rapport de VGP et de l’historique des vérifications.

En pratique, glissez ces trois pièces dans la pochette de l’engin, et notez dans le contrat la date de la dernière VGP : c’est la première chose que le client, ou un contrôleur sur le chantier, regardera.

Ce que risque le loueur

Nous n’avons pas relevé, dans les textes cités ici, de sanction visant le loueur lui-même : l’obligation pèse sur l’entreprise qui utilise l’engin. Le risque du loueur est ailleurs.

Il est d’abord contractuel. Si vos conditions de location, ou celles de la DLR que vous reprenez, vous chargent des vérifications, un engin sans VGP à jour vous met en défaut. Selon ces conditions types, une vérification qui conclut à l’inaptitude du matériel a les mêmes conséquences qu’une immobilisation : le paiement de la location est suspendu pendant l’immobilisation (art. 9 et 13).

Il est ensuite pratique. Un engin remis sans rapport récent, c’est un client qui refuse de s’en servir, un chantier à l’arrêt et une facture contestée. Le temps de la vérification fait d’ailleurs partie de la durée de la location, dans la limite d’une demi-journée ouvrée selon ces mêmes conditions types.

Suivre ses VGP sans tableur

Un tableur connaît la date, pas la location. Dans Rideloc, pour une entreprise réglée sur « Engins et matériel de chantier », chaque type d’engin propose sa périodicité, la fiche montre la prochaine VGP, et Parc > Maintenance alerte à 30 jours, 7 jours et à l’échéance.

Au comptoir, la remise d’un engin sans VGP valide le jour J est refusée. En ligne, un engin dont la VGP serait échue n’est pas proposé quand le départ est dans les 30 jours. La date de la dernière VGP est imprimée sur le contrat. Limites : une VGP qui tombe pendant la location n’est pas bloquée, le rapport n’est pas joint au contrat, et l’organisme de vérification reste celui qui fait foi. Le détail est sur la page suivi des VGP.

Questions fréquentes

Qui paie la VGP d’un engin loué ?

Légalement, la vérification incombe à l’entreprise qui utilise l’engin (arrêté du 1er mars 2004, art. 1er). Dans l’usage de la profession, les conditions types de la DLR laissent le coût de la vérification réglementaire au loueur. Fixez-le dans votre contrat plutôt que de le laisser à l’interprétation.

Une mini-pelle doit-elle passer une VGP ?

Oui, tous les 12 mois si elle ne fait que terrasser (arrêté du 5 mars 1993). Équipée pour le levage, elle passe à 6 mois au titre de l’arrêté du 1er mars 2004.

Le client doit-il avoir un CACES pour conduire l’engin loué ?

La conduite de ces engins suppose une autorisation de conduite délivrée par l’employeur du conducteur (Code du travail, art. R4323-56) ; le CACES en est la preuve usuelle. Ce n’est pas au loueur de la délivrer. Dans Rideloc, les CACES des conducteurs d’un client se saisissent sur sa fiche et une phrase prévient au départ s’il n’y en a aucun de valide, sans bloquer la remise.

Que faire si la VGP tombe pendant la location ?

Selon les conditions types de la DLR, le locataire doit mettre l’engin à disposition du loueur pour la vérification, dont le temps compte dans la location dans la limite d’une demi-journée ouvrée. Rideloc signale à la remise que la VGP tombe avant le retour prévu, sans la bloquer.

Quels documents remettre avec l’engin ?

La notice d’instructions et les copies du rapport de mise en service, du dernier rapport de VGP et de l’historique des vérifications (arrêté du 1er mars 2004, art. 15).

Sources

Sur ce métier

Location de matériel et d’engins

Le logiciel de réservation, de caution et de contrat pour les loueurs de matériel et d'engins.

Contrat de location de matériel et d’engins

Mini-pelle, nacelle, petit matériel → le PDF du loueur de matériel.

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